
Elle me dit :
- William, ça vous dit de venir écouter l’album ?
Je réponds :
- Lequel ?
- Ben l’Album, quoi. Le mien.
De battre mon coeur s’arrête. Je bafouille un truc. Elle reprend :
- Ca vous dit pas ?
- Si, si. C’est juste que je pensais pas qu’on allait le faire là maintenant tout de suite, c’est un peu précipité.
Elle rit :
- Il va bien falloir qu’il sorte un jour, vous savez.
- Oui.
- Emmenez votre casque. Je fournis l’assise et le coca-light. En canettes.
- En-canettes ? J’arrive.
Elle me montre la platine. Me dit que le duo avec XXXXX n’est pas dessus, qu’il est sur son PC. Je déglutis.
- QUEL duo avec XXXX ?
Elle a l’air gênée :
- Ah, vous ne saviez pas ? Je pensais que dans toutes les réponses des gens, sur le blog, vous en aviez mis quelques unes tout exprès pour me faire comprendre que vous aviez deviné.
- Mais non, mais non, j’ai rien deviné du tout. Il y a un duo avec XXXXX ?
- Oui. Allez, écoutez, allez.
On dirait une enfant nerveuse, à présent.
- Ok.
J’ai un peu peur. Je le dis. Vous me connaissez. Mon histoire d’amour musicale avec Zazie est si récente. J’ai déjà entendu des bribes. Des bouts de trucs. Je sais des choses. J’entends des choses. Je crois comprendre des choses. Mes oreilles trainent des fois, j’entends parler l’entourage, je capte des bribes d’infos qui ne me sont pas destinées et j’aime pas ça.
J’ai un peu peur, quoi. Elle est chic, cette fille. Et si il me plaisait pas son disque ? Si je n’arrivais pas à aller jusqu’au bout ? Oserais-je lui dire ? Elle le sait que je reçois plein de cd’s par la poste, tous les jours. Elle le sait que j’en chronique à peine un sur dix tant je suis difficile en pop, en chanson française. Elle le sait que je démarre raide in love sur un violon (« Peter Pan RIP » de Kula Shaker, mon single de l’été) ou que je bute sur une prononciation, reposant le cd à jamais. Je suis super super super exigeant en musique : j’ai été formé de l’oreille par Paul McCartney, la mélodie c’est les Wings, la basse, c’est celle de 1965 sur Rubber Soul et les paroles c’est Love, love, love, the love you take is equal to the love you make. Imaginez ma pression, quoi. La barre est haute.
(Je vais te tutoyer deux secondes ami lecteur, pendant qu’elle regarde pas. Je suis un mec honnête. Si le paragraphe suivant avait raconté l’inverse dans ma tête, j’aurais pas écrit tout l’article et je te parlerais de mes vacances en Suisse. Tu sais qu’elle me fiche une paix royale pour ce que j’écris ?
J’ai fondu pour l’album. Du premier coup. Rien que cinq chansons, je voulais les réécouter dès la première fois. Moyennement aimé deux autres, plus « féminins – leçon de piano » et fut scotché par les duos…totalement surprenants. C’est social, engagé, engageant, amoureux lucide, léger et présent à la fois. C’est pas superficiel. C’est pas vain. Les paroles signifient quelque chose. Et le piano…Ah, le piano…Punaise j’étais scotché. « C’est tout le temps comme ça ? » que je me disais en moi-même, regrettant de ne pas avoir été là un peu plus tôt mais toi tu le sais, que c’est tout le temps comme ça ou souvent comme ça. Tu veux que je te dise, ami lecteur ? Si j’avais du chroniquer hier l’album en ligne, j’y aurais collé 4 étoiles sur cinq. Et j’aurais applaudi d’avoir trouvé un deuxième single et un troisième pour suivre « Avant l’amour ». Pour de vrai).
52 minutes plus tard, je me lève. Elle est en bas, elle enregistre. Je retarde un maximum mon départ mais non, elle ne repasse pas. Je prends un post-it bleu et dessus je mets
« Merci ».
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Je pars en Terre Inconnue ou presque. J’ai décidé d’explorer tous les titres de tous les albums de Zazie. Chronologiquement. Album 3, Chanson 11 . “Stop”. Vous l’aimez ? Elle vous rappelle quoi ?