Jeudi recyclage

SOS Plomberie

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(J’ai rien dit, hier, mais je vous signale qu’on est en Septembre et moi ça me mine)

Il paraît qu’il y a des chanteurs, quand toute la technique pète autour d’eux, que plus rien ne marche, que les secondes durent des heures, qui décident de prendre une guitare et de chanter simplement pour le public, à l’ancienne. Ca les stresse pas. Ils racontent une petite blague et puis ils y vont. J’ai même vu Mylène Farmer au Stade de France, alors que la sono pétait pour la troisième fois, plombant son final, se retrouver sur scène « nue » ou presque, sans rien, hilare. Amusée par ce qui pourrait être une fin du monde pour la plupart d’entre nous, elle a éclaté de rire en haussant les épaules et a entonné sa chanson tout simplement, a cappella. J’étais bluffé. Moi ça ne me ferait pas rire.

Je vois les deux garçons par terre en train de trifouiller les fils. Je sais même pas comment on peut avoir la patience de bidouiller un truc qui marche pas, pendant des heures. C’est comme la pêche à la ligne, quoi. Moi, soit ça mord de suite, soit ça marche sans accroc sinon je suis déjà passé à autre chose. J’imagine un projet qui a pris presque une année en studio et le nombre de problèmes informatiques, techniques, sonores qu’il a fallu résoudre. Épuisé. Si j’étais un musicien, je serais Nick Drake. Zéro pression, zéro stress : une guitare, une voix et un album de 28 minutes.

(oui, je sais, pour Nick Drake je suis super modeste).

Je pars en Terre Inconnue ou presque. J’ai décidé d’explorer tous les titres de tous les albums de Zazie. Chronologiquement. Album 5, Chanson 6. “Mon coeur à la science”. Vous l’aimez ? Elle vous rappelle quoi ?

Cérémonie du thé

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On filmait un truc pour l’album, tous les deux, Zazie et moi (enfin, je dis « tous les deux », il y avait huit personnes qui nous regardaient, tout autour et deux caméraman plus un preneur de son) et on était censés faire semblant de boire le thé, assis, tranquilles, mais moi je n’avais pas envie de thé. Je suis pas très « thé ». Zazie, elle, oui, elle est « thé à fond ». Je regardais pour voir s’il n’y avait pas du coca-light (en canette) qui trainait dans le coin mais non, rien, nada, Rafael Nada même. Zazie me regarde, l’oeil coquin :
- Vous ne voudriez pas déguster un petit vin rosé frais, William ?
- Oh, non, on travaille, je vais être paf, un verre et puis après Adieu Berthe, je tiens pas l’alcool, moi, non, quand je travaille je bois pas et puis j’ai des questions sérieuses à vous poser.
- Juste un verre bien frais, « laissez-vous aller, voyons, c’est une valse »…
- Mais on travaille, là.
- Je finis mon thé et je vous accompagne. Allez, goutez, dites moi, il est comment, ce petit rosé ?
Et ben je vais te dire, vu comment ça tapait au soleil et vu comment j’avais soif, il était terrible. Mais vraiment terrible. Il glissait tout seul comme la cuillère de Nutella vers la bouche, tu penses que tu vas en gouter une juste pour te rappeler le gout et puis pof. Tu finis marié avec le pot.

Une heure après, alors que je finissais la bouteille et le tournage, Zazie en était toujours au thé. Plus très maître de ma colonne vertébrale et de la cohérence de mes neurones, je la taquine un peu :
- Dites, vous devriez en descendre un petit, ça vous détendrait plus que du thé Alain (Lapsang) Souchong, vous savez ! (petit rire mondain de l’ivrogne qui se trouve fin et drôle)
- J’attendais qu’on ait fini de travailler. Maintenant, je peux. En tout cas, vous, vous êtes biiiiien détendu maintenant, William.
- Vous trouvez ?
- Oh ouiiiiiii. Et tout le monde le verra, aussi. Je vous le promets. Quand on verra le début du film et puis la fin, ensuite, je vous promets que tout le monde va penser que vous avez du boire beaucoup, beaucoup de thé entre les deux. Beaucoup.

Elle m’a fait peur.
Vous me direz ?

Je pars en Terre Inconnue ou presque. J’ai décidé d’explorer tous les titres de tous les albums de Zazie. Chronologiquement. Album 4, Chanson 12. “Le fan de sa vie”. Vous l’aimez ? Elle vous rappelle quoi ?

C’est pas du pipeau

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Deux remarques : j’adore l’idée d’une flute « hautement virale » (pour une artiste qui s’y connait en réseaux sociaux modernes, c’est piquant) qui colle un rhume à tous ceux qui voudraient en jouer. Un peu comme un sort jeté à la Harry Potter sur un instrument de musique.
Deuxième point. Je ne sais pas ce que vous pensez du monsieur qui ausculte le plafond en toute fin de vidéo. Moi je n’ai pas d’opinion. C’est juste « Oh mon dieu, mais que se passe t’il chez vous, encore une fois, madame » ???!! »

Enfin, on entend une voix d’enfant. Et je dis ça, je dis rien. Ou pas.


Je pars en Terre Inconnue ou presque. J’ai décidé d’explorer tous les titres de tous les albums de Zazie. Chronologiquement. Album 4, Chanson 6. “Sur toi”. Vous l’aimez ? Elle vous rappelle quoi ? C’est MA chanson de Zazie, celle qui m’a fait découvrir l’artiste sur le tard, celle qui me parle tellement tellement tellement et celle que je recommande à ceux qui ne la connaisse pas. Sublime texte, sublime mélodie. Celle-là et « les meilleurs ennemis », je ne peux m’en passer, je ne peux m’en lasser.

Cordes guitare

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Elle me dit :
- William, ça vous dit de venir écouter l’album ?
Je réponds :
- Lequel ?
- Ben l’Album, quoi. Le mien.
De battre mon coeur s’arrête. Je bafouille un truc. Elle reprend :
- Ca vous dit pas ?
- Si, si. C’est juste que je pensais pas qu’on allait le faire là maintenant tout de suite, c’est un peu précipité.
Elle rit :
- Il va bien falloir qu’il sorte un jour, vous savez.
- Oui.
- Emmenez votre casque. Je fournis l’assise et le coca-light. En canettes.
- En-canettes ? J’arrive.

Elle me montre la platine. Me dit que le duo avec XXXXX n’est pas dessus, qu’il est sur son PC. Je déglutis.
- QUEL duo avec XXXX ?
Elle a l’air gênée :
- Ah, vous ne saviez pas ? Je pensais que dans toutes les réponses des gens, sur le blog, vous en aviez mis quelques unes tout exprès pour me faire comprendre que vous aviez deviné.
- Mais non, mais non, j’ai rien deviné du tout. Il y a un duo avec XXXXX ?
- Oui. Allez, écoutez, allez.

On dirait une enfant nerveuse, à présent.
- Ok.

J’ai un peu peur. Je le dis. Vous me connaissez. Mon histoire d’amour musicale avec Zazie est si récente. J’ai déjà entendu des bribes. Des bouts de trucs. Je sais des choses. J’entends des choses. Je crois comprendre des choses. Mes oreilles trainent des fois, j’entends parler l’entourage, je capte des bribes d’infos qui ne me sont pas destinées et j’aime pas ça.

J’ai un peu peur, quoi. Elle est chic, cette fille. Et si il me plaisait pas son disque ? Si je n’arrivais pas à aller jusqu’au bout ? Oserais-je lui dire ? Elle le sait que je reçois plein de cd’s par la poste, tous les jours. Elle le sait que j’en chronique à peine un sur dix tant je suis difficile en pop, en chanson française. Elle le sait que je démarre raide in love sur un violon (« Peter Pan RIP » de Kula Shaker, mon single de l’été) ou que je bute sur une prononciation, reposant le cd à jamais. Je suis super super super exigeant en musique : j’ai été formé de l’oreille par Paul McCartney, la mélodie c’est les Wings, la basse, c’est celle de 1965 sur Rubber Soul et les paroles c’est Love, love, love, the love you take is equal to the love you make. Imaginez ma pression, quoi. La barre est haute.

(Je vais te tutoyer deux secondes ami lecteur, pendant qu’elle regarde pas. Je suis un mec honnête. Si le paragraphe suivant avait raconté l’inverse dans ma tête, j’aurais pas écrit tout l’article et je te parlerais de mes vacances en Suisse. Tu sais qu’elle me fiche une paix royale pour ce que j’écris ?

J’ai fondu pour l’album. Du premier coup. Rien que cinq chansons, je voulais les réécouter dès la première fois. Moyennement aimé deux autres, plus « féminins – leçon de piano » et fut scotché par les duos…totalement surprenants. C’est social, engagé, engageant, amoureux lucide, léger et présent à la fois. C’est pas superficiel. C’est pas vain. Les paroles signifient quelque chose. Et le piano…Ah, le piano…Punaise j’étais scotché. « C’est tout le temps comme ça ? » que je me disais en moi-même, regrettant de ne pas avoir été là un peu plus tôt mais toi tu le sais, que c’est tout le temps comme ça ou souvent comme ça. Tu veux que je te dise, ami lecteur ? Si j’avais du chroniquer hier l’album en ligne, j’y aurais collé 4 étoiles sur cinq. Et j’aurais applaudi d’avoir trouvé un deuxième single et un troisième pour suivre « Avant l’amour ». Pour de vrai).

52 minutes plus tard, je me lève. Elle est en bas, elle enregistre. Je retarde un maximum mon départ mais non, elle ne repasse pas. Je prends un post-it bleu et dessus je mets
« Merci ».


Je pars en Terre Inconnue ou presque. J’ai décidé d’explorer tous les titres de tous les albums de Zazie. Chronologiquement. Album 3, Chanson 11 . “Stop”. Vous l’aimez ? Elle vous rappelle quoi ?