(C’est un test, vous vous dites ? On est BIEN lundi. Pour vous, oui. Mais pour moi, non, on est encore Dimanche et je suis à Salt Lake City, aujourd’hui… J’attends un avion, je suis dans l’aéroport, vive le wi-fi, vive la technologie.)
Et je vous laisse savourer un inédit.
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Je pars en Terre Inconnue ou presque. J’ai décidé d’explorer tous les titres de tous les albums de Zazie. Chronologiquement. Album 5, Chanson 3. “Excuse moi”. Vous l’aimez ? Elle vous rappelle quoi ?
C’est la reprise. M’en parlez pas. Oh, vous, vous êtes déjà au bureau depuis une semaine, vous êtes parti en juillet (ne le niez pas, je le vois bien, si vous me lisez, c’est que vous êtes à la maison. Ou alors vous avez acheté un iPad et vous surfez sur la plage de Mandelieu. Honte à vous. Vous devriez dé-con-nec-ter) et voilà, quoi.
Allez, je vous jette pas la pierre, alors que je vous écris ces lignes, je suis à Jasper, à côté d’Alberta, au Canada. Oui, oui. À l’heure où je vous parle vous devez être déjà en train de déjeuner. Ou de diner. Alors que moi, le soleil se lève. Ou pas si vous me lisez à 14h, moi je dors.
On s’y perd, non ?
Oui.
Et vous savez pourquoi ?
Parce que c’est la reprise.
Et moi, la reprise, même après une semaine, c’est la cata.
Pour vous donner un exemple. On a un digicode sur la porte des toilettes du bureau. Oui. Et bien après une semaine de vacances (même après un gros week-end de quatre jours, hein) je reviens et je le connais plus. Je vous raconte pas le moment de vide à chaque lundi de retour devant la porte.
C’est quoi, déjà, le code ?
65z48?
4865z?
6548z?
z6845?
Pffff.
Ah c’est la reprise.
Et elle tombe un lundi.
Double cauchemar.
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Je pars en Terre Inconnue ou presque. J’ai décidé d’explorer tous les titres de tous les albums de Zazie. Chronologiquement. Album 4, Chanson 9. “Tais toi et rap”. Vous l’aimez ? Elle vous rappelle quoi ?
Il y a des jours où j’aimerais de nouveau avoir dix ans de moins et il y a des jours (bien plus nombreux) où je me dis que je suis bien, là, tout de suite, heureux comme je peux avec la somme de ce que j’ai fait, raté, compris, le mal que j’ai pu dire, le bien que j’ai pu recevoir, ces amis perdus de vus, les autres qui sont restés à côté, les amours d’un temps et d’un moment, les phases avec et les creux sans rien. Le temps passe, je me regarde rarement dans la glace et je comprends mieux, maintenant, ce que mon amie Marie-Claire disait toujours : « Vieillir est une bénédiction ».
Il y a ce fantasme d’arrêter le temps mais, si j’en avais le pouvoir, quel moment est-ce que je choisirais ? Quel lieu, quelle époque ?
Le projet 7 a été une lutte contre le temps assez phénoménale dont j’ai pu capter ça et là quelques bribes, chez Zazie ou chez ceux qui travaillaient autour d’elle. On a beau s’y prendre à l’avance, on a beau calculer que…, on a beau planifier et faire confiance à l’inspiration, au talent (le sien et celui des autres) et on a beau travailler comme des bêtes, vient un moment où le temps vous rattrape et vous glisse à l’oreille une petite coquinerie.
- Darling Zazie, tu es en retard…
- Mais je me suis couchée à trois heures, hier.
- Tu as cinq chansons à écrire pour demain.
- J’en ai fini deux avant-hier et…
- Chuuuut. C’est moi qui commande.
Et là même Zazie s’incline.
(Lorsque je lui ai dit, hier soir :
- Alors, ça y est, on voit le bout ?
Et qu’elle m’a répondu :
- Ouiiiiiiiiii (dans un murmure, comme une pleine cuillère de nutella qu’on retourne pour la caresser sur la tranche de pain)…
Je me suis dit qu’elle était enfin arrivée à égalité avec l’horloge. Nous ne parlions plus. Mais nous savions que la montagne était gravie. Reste, derrière, désormais, au loin, le chemin (qu’elle connait bien) à descendre vers la vallée, vers les premières maisons tout en bas et les gens aux fenêtres. Les gens qui vont la guetter. Mais, désormais, elle prend tout son temps. Elle savoure.)
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Je pars en Terre Inconnue ou presque. J’ai décidé d’explorer tous les titres de tous les albums de Zazie. Chronologiquement. Album 4, Chanson 3. “Danse avec les loops”. Vous l’aimez ? Elle vous rappelle quoi ?
C’est l’été, on est en vacances, on oublie tout. Ou presque. Pendant ce temps, le marathon de l’écriture de l’album se poursuit, quelque part bien au frais, dans Paris. Je me souviens des yeux de Zazie, un jour qu’elle rentrait de promo et que je lui demandais comment ça allait. Elle me répond mécaniquement :
- Bien, super bien. Super, super bien.
- Et vous en êtes où, en pourcentage, de l’écriture des 49 titres ?
Elle avait ouvert la bouche. Fixé le ciel derrière moi. Ses yeux s’étaient perdus dans le vague. Elle avait fini par murmurer, pour elle seule :
- 49…49…Oh là là…
Avant de se reprendre, d’un coup :
- Tout-va-bien ! Très bien. On a presque fini.
- Non mais genre, combien ? Vous en avez fini, combien ?
Zazie m’avait alors dit, fermement, mais simplement :
- Ecoutez, William, dans la vie, il faut regarder le positif et le chemin parcouru en restant calme. D’accord ? Alors, j’avance, je reste positive et je regarde le chemin parcouru en restant calme. Ok ? Et si vous me reposez de nouveau cette question, je viens vous chercher tous les matins à 5 heures pendant un mois pour que vous me trouviez les rimes en « EUR » des sept prochaines chansons. Ok ? J’ai qu’à sonner. Je sais où vous habitez.
Regard noir.
Je baisse les yeux :
- Bon ben d’accord, on a presque fini, voilà. On dira ça sur le blog. Version officielle, tout va bien.
- TOUT VA SUPER BIEN.
Et elle part en courant, son cahier de chansons à la main.
Bah, dans ma maison d’édition, c’est un peu pareil. Mon éditeur, des fois, il m’appelle en me disant : « Alors, cette conclusion, ça avance ? »
- Wiwiwiwiwi (que je réponds)
Et, devant moi, sur l’écran du Mac, il y a écrit « Chapitre 2″ avec le curseur qui clignote juste en dessous.
Ça m’empêche pas de sortir les livres en temps et en heure, hein.